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Marin d’eau douce !

Qu’est-ce qu’un éclusier ? Le gardien du canal ? Un grand manitou des vases communicants ? Rencontre avec Jean-Marie, 34 ans, préposé à l’écluse des Récollets.

Jean-Marie, pouvez-vous nous raconter ce qui vous a poussé à devenir éclusier ?

Ce n’est pas la vocation qui m’a poussé vers ce métier ; j’ai eu connaissance du concours des “Brigadiers des Canaux” lors de mon service militaire et j’ai tenté ma chance.

Quel est le diplôme requis ?

On n’a pas besoin du BAC, si on n’a que le BEPC c’est suffisant, ensuite on passe un concours.

En quoi consiste exactement votre travail ? :

Je m’occupe de l’entretien de l’écluse, du passage des bateaux, de vérifier que les règles de navigation soient bien respectées, de veiller à la sécurité du site.

Y a-t-il des horaires particuliers ?

Pour commencer, il faut savoir qu’on travaille en roulement, c’est-à-dire une semaine le matin, et la semaine suivante l’après-midi. Les horaires varient selon la saison : en été, c’est 8 h/15 h 40 et 15 h 40/23 h 30 ; en hiver, c’est 8 h/14 h et 14 h/20 h. Il n’y a pas de RTT, mais on travaille 6 jours d’affilée et on a 3 jours de repos dans la foulée.

Ça vous laisse du temps pour des activités « extra professionnelles »

Tout à fait et j’en profite bien.

Et au niveau des rencontres ?

Il est vrai que c’est un poste qui permet, entre les passages de bateaux, de faire quelques rencontres de personnages atypiques (mariniers, équipes de tournages de films et de documentaires...), de répondre à la curiosité des touristes, des riverains, des promeneurs du dimanche...

Comment fonctionne le passage des écluses ?

C’est très simple, je reçois un appel de l’éclusier responsable de l’écluse précédente, j’ouvre la 1ère porte du sas, le bateau doit être en moteur « débrayé » ou arrêté dans le sas et doit s’amarrer par 2 cordes.

Pendant que l’eau monte dans le sas afin que le bateau puisse intégrer le canal, je vérifie que les règles de navigation soient bien respectées. J’ouvre ensuite la 2ème porte du sas et l’embarcation continue son petit bonhomme de chemin.

Il faut savoir que le remplissage du sas est très rapide, 980 mètres cubes d’eau peuvent être déversés en 5 minutes.

C’est donc un métier où il faut être consciencieux ?

Oui, car il serait facile de faire déborder le bassin si l’on n’est pas très attentif !

Est-ce que la navigation est très fluide ?

En été, il y a beaucoup de bateaux de touristes, de plaisance et des péniches. En hiver, la navigation est plus réduite, il n’y a que 4 ou 5 bateaux par jour, ce sont surtout des bateaux nettoyeurs mais il y a aussi des péniches et quelques embarcations de touristes.

Pour vous donner une idée, avant, il y avait 10 péniches par mois, aujourd’hui, il y en a 2.

Vous avez l’air déçu...

Oui, je trouve très dommage que l’on n’ait pas cherché à développer cette forme de transport qui est très efficace et moins polluante.

Il faut savoir qu’une péniche est égale à 10 camions de 38 tonnes et qu’à cause de cette baisse de régime sur les canaux, des ports ont été fermés en région parisienne... D’ailleurs dans les années 90, les départs en retraite ont été favorisés.

Il reste malgré tout à peu près 80 postes d’éclusiers sur les voies navigables d’Ile de France.

En tous cas, vous êtes bien loti, le canal Saint-Martin, c’est plutôt agréable !

Je me le dis presque tous les jours, ce paysage à Paris, c’est unique, un vrai mélange de faune et de flore.

Propos recueillis par M.C.B.


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